Ce que veulent les Jeunes UDC vaudois

Publié le par Jeunes UDC Vaud

Paru dans: Le Temps

VAUD. Après la décision de l'UDC vaudoise de soutenir l'exclusion d'Eveline Widmer-Schlumpf et de la section grisonne proposée par le parti suisse, les Jeunes UDC du canton donnent leur version des faits et se racontent.

Marco Danesi
Vendredi 9 mai 2008


Rendez-vous au «Vaudois», à Lausanne, fief radical. Un groupe de jeunes UDC s'attable et raconte son histoire. Le choix du lieu tient à la fois à sa proximité avec un grand parking et à l'inconscient collectif. Au cours de la conversation, ils exprimeront à plusieurs reprises leur fierté d'appartenir à la formation qui a rompu l'hégémonie, radicale et libérale, à l'origine du canton, mais désormais au crépuscule de sa grandeur.

Ils sont huit, ils ont entre 17 et 29 ans; selon les statuts, on est jeunes jusqu'à 35 ans. Urbains ou campagnards. Etudiants, employés, cols bleus, fils de paysans. Il y a Kevin Grangier, président de la section des Jeunes UDC vaudois. Puis Michele Losa, secrétaire cantonal; Kevin Hynes, président des jeunes du district de Morges; Valentin Mercier, président de Lavaux; Grégoire Rapaz, président d'Aigle, le fils de Pierre-Yves, chef du groupe UDC au Grand Conseil; César De Pasquale et Benoît Robert, respectivement vice-président et président à Lausanne; et finalement Nicolas Dayer, vice-président cantonal.

Un même terreau

Ils revendiquent des rapports d'amitié dans un même terreau politique. Ils veulent un canton capable d'imposer sa voie, maître de son sort, affranchi de la Suisse alémanique. Pas de suivisme donc. En revanche, la ligne de l'UDC suisse s'impose, mais les spécificités vaudoises «ne doivent pas s'effacer».

Kevin Grangier donne le ton. Déjà institutionnel. Les autres font preuve de davantage de spontanéité. Ils s'interrompent, se contredisent. Surtout quand Nicolas Dayer déclare «ne pas se sentir représenté par les deux conseillers fédéraux UDC». Grégoire Rapaz défend Samuel Schmid. Il nuance aussi le cas d'Eveline Widmer-Schlumpf. D'ailleurs, les Jeunes UDC -240 membres, une centaine de plus depuis décembre 2007- étaient et sont partagés sur la question.

Mardi soir, à Poliez-le-Grand, dans le Gros-de-Vaud, lors d'une assemblée de près de 200 délégués, ils n'ont pas déterminé le vote qui a abouti à l'exclusion de la ministre. Contre l'image d'un parti divisé entre vieux et jeunes UDC, ou entre urbains et agrariens, ils incarnent des clivages plus complexes au sein du parti. Qui ne dépendent ni exclusivement de l'âge, ni seulement de la géographie. Mais plutôt, à les entendre, de la façon dont chacun, plus personnellement, apprécie l'influence de l'UDC suisse sur les Vaudois.

Voilà pourquoi Kevin Grangier récuse le conflit qui opposerait une vieille UDC à une nouvelle. Certes, ils admettent tous que, depuis l'apparition de Christoph Blocher, les méthodes et les contenus ont changé. Pour certains, le succès du Zurichois a motivé l'adhésion au parti.

Vivre ensemble dans un même parti

La gageure maintenant, insiste le président cantonal, est de faire vivre ensemble l'ancienne garde PAI, agricole, plutôt consensuelle, rattachée au centre droit modéré, avec la tendance «blochérienne». Il ne s'agit pas de les diviser ou de museler la première au profit de la seconde. Même si l'assemblée de mardi a servi surtout «à laver le linge sale en famille», l'essor futur de l'UDC et du canton a besoin d'unité, reconnaît très officiellement Kevin Grangier.

Alors, ils sont tous prêts à se dire d'accord sur le fond politique, «à 95% au moins». Ils avouent leur goût pour les traditions du pays, chères au parti. Ils ne renient pas non plus les manières musclées, provocatrices dont il est coutumier. L'affiche des moutons ne les a pas scandalisés. «Mais nous ne sommes ni racistes ni xénophobes.» Ils proclament avoir toujours barré la route aux extrémistes. Kevin Grangier explique: «C'est du marketing politique, le but est de marquer le coup, susciter le débat.»

Bref, ces Jeunes UDC avaient envie de politique, ils demandaient des vraies confrontations sur des positions claires, exprimées sans détours, à droite. L'UDC a répondu et répond à leurs attentes. Et si on leur reproche populisme et démagogie, ils protestent. «C'est le langage simple, et non pas simpliste, qui sait parler à la population», prétend Kevin Hynes. Puis, il développe: «Qui a gagné les élections d'octobre? nous et les Verts, eux aussi capables de dire les choses avec netteté sur l'environnement.»

Kevin Grangier avoue que le bon sens UDC, qui consiste à pointer du doigt un problème et de proposer une solution, est l'une des raisons qui l'ont poussé à s'engager. Engagement très concret, sur le terrain, près des gens et non pas calés dans les fauteuils parlementaires comme ils le déplorent dans le cas de certains élus UDC.

De cette façon, assure Kevin Grangier, la nouvelle génération gagnera en compétence et saura enfin assumer sa force à droite, après tant d'années passées dans l'ombre des radicaux et des libéraux. Force d'opposition, certes, mais aussi de proposition. Désormais fiers d'être UDC et Vaudois. Sans peur de s'afficher publiquement, alors qu'ils évoquent les insultes dont ils «ont été victimes». Mais le passé est passé. Maintenant, la balle est dans leur camp et ils comptent tirer au but.

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